Soukaynah (VS)

ARTS VISUELS| Illustration traditionnelle

Exposition en ville, sur la Place de la Planta

Je m’appelle Soukaynah, j’ai 28 ans et je suis passionnée par l’être humain et l’art en général.

J’ai travaillé dans le milieu socio-éducatif et médical, et partout où j’ai été j’ai ramené un peu de ma peinture et de mes couleurs pour offrir un support mémorable à la création d’un lien entre moi et l’autre. Je n’ai jamais vraiment su ce que je voulais devenir, autant professionnellement que personnellement, rêvant d’emprunter mille vies différentes, m’engager sur un chemin défini m’effrayait car on le dit bien : choisir c’est renoncer.

Alors j’ai renoncé à choisir, composant mon existence comme on fait naître et évoluer une peinture ou une symphonie, y ajoutant au fil du temps plus de détails et d’accords.

J’ai alors travaillé comme une nomade, passant d’un milieu à l’autre et m’enrichissant au fil du temps de toutes les rencontres que j’ai pu y faire.

J’ai pris soin de personnes âgées, les ai soulagé à l’hiver de leur existence, essayant de réaliser à la hauteur de mes moyens, leur désirs les plus personnels. J’ai accompagné des enfants dans l’apprentissage de la vie en communauté, jouant avec eux dans les grandes cours de récré, leur contant des histoires qui font rêver et réfléchir à la place que l’on a tous le droit d’avoir ici-bas.

J’ai appris à remettre en question les perceptions et les certitudes sur le monde qui nous entoure en travaillant avec des personnes sourdaveugles. J’ai ammené des personnes adultes en situation de handicap mental sur les chemins des loisirs et de l’intégration, les prenant comme égal à moi, à nous. Usant sans cesse de l’empathie naturelle qui me caractérise depuis que je suis petite : j’ai compris très vite qu’on était tous dans le même bateau, et que peu importe d’où l’on vient et ce qu’on sait faire : nous partageons tous, en tant qu’être humains, de merveilleuses faiblesses et des émotions brûlantes. En delà de ça, l’art ne m’a jamais quitté, tantôt térapeuthique pour moi-même, je journalise ce que je vis, me dessine pour mieux me comprendre et m’appréhender. En effet, il faut d’abord savoir s’aimer et s’accepter avant de pouvoir bénéficier dignement de la confiance d’autrui.

Tantôt comme un outil formidable, une clé magique qui ouvre le coeur et les yeux des gens. Une image vaut mille mots, un trait de pinceau c’est doux comme une caresse. Je peins, je sculpte, je griffonne, j’essaie de matérialiser le songe et la pensée. L’art du tatouage m’est venu naturellement, au bout d’un certain temps et voilà 3 ans que je le pratique à côté du reste. Il est le fruit de l’union entre l’art et l’humain, celui-ci devenant le support de mon dessin.

Le tatouage peut être un pansement, un hommage, la trace indélébile d’une folie éphémère, une impulsion qui marque dans une douleur agréable un passage sur de nouveaux sentiers, et souvent aussi, un simple ornement qui aide à s’aimer davantage, s’aimer comme on aime ce qui est en dehors de soi.

C’est un art de beauté et d’intimité.

Une collaboration entre le tatoueur et le tatoué. Mon désir de mille vies ne s’est jamais dissipé, et j’ai trouvé le théâtre comme réponse. Formidable calmant, il m’aide à déverser sous les lumières chaudes de la scène, les émotions qui s’accumulent dans mon corps, celles que je vis et qu’on m’expose. C’est un art de transmission et de partage. Faire semblant pour de vrai : je peux être qui je veux dans une bulle suspendue en dehors du temps. Parler avec le corps, mon être entier devient pinceau, dépeignant l’image directement dans la mémoire d’autrui. La vie, pour moi, n’est pas une affaire qui se rate ou se réussi. C’est une aventure à expérimenter, un immense navire à habiter avec les autres, à faire voguer sous vents et marées à la force de l’Amour et de la beauté, qui se trouvent partout où l’on veut qu’ils soient. Actuellement, je prépare ma candidature à la formation d’éducatrice sociale, cherchant par là, à m’ouvrir des portes qui mènent à davantage d’horizons. Souhaitant ne jamais cesser d’apprendre et de m’émerveiller: il y a tant de choses qu’on ignore. En attendant, je continue de composer ma drôle de vie où aucun jour ne se ressemble vraiment, mais où je m’attèle à suivre le fil rouge qui rend tout ça cohérent, ce but ultime de trouver la beauté et de lui rendre hommage en la partageant.

Faire de l’art de tout.

Retrouvez son œuvre sur la Place de la Planta à Sion.

pêche miraculeuse

Cette illustration a directement été inspirée d’une mise en scène photographique que j’ai pu apercevoir accrochée sur le cabanon d’un pêcheur à Sète, dans le sud de la France. Je l’ai redessinée plusieurs fois avant d’y trouver ce dilemme, avant d’y prêter les expressions et l’opposition des états d’esprits de ces deux pêcheurs. En effet, là où l’un semble très heureux d’avoir pu attraper cette créature mythique, presque avide du succès que cela pourra lui apporter, l’autre semble davantage concerné parle bien- être de la femme poisson, prise au piège dans ce funeste filet.

Cette scène soulève la problématique qui concerne notre rapport à la beauté et aux richesses du monde. Jusqu’où sommes-nous capables d’aimer, d’admirer une chose sans la convoiter pour notre plaisir personnel ? A-t-on besoin de posséder, de capturer, d’arracher cette beauté à la nature afin de s’en délecter ? Pouvons-nous nous contenter d’être les simples spectateurs, d’accepter de n’avoir aucun contrôle, aucune importance face à ces merveilles qui nous dépassent ? Quitte à les apercevoir brièvement, sans aucune garantie de les revoir se manifester sous nos vœux.

Si vous êtes intéressé.es à acquérir cette œuvre, merci de nous contacter par mail à l’adresse suivante : expo@pollenfestival.ch